J’ai beau être matinal, j’ai mal !

La douleur, cette expérience personnelle au possible. Mais, pourtant, c’est sans aucun doute l’occasion d’un rencontre. Explorons un peu la douleur avec cette vidéo qui propose un abord un peu philosophique mais très abordable quand même (!) Cette vidéo vous propose un voyage entre Descartes et Wittgenstein.

Toute personne qui s’est cognée, un jour, le pied dans un coin de meuble connait cette sensation. Cette expérience inoubliable (et parfois traumatisante) de la douleur est propre à chacun d’entre nous : nous avons tous déjà eu mal. Mais, pourtant, si la douleur est partagée par tous, il n’y a rien de plus personnel que la douleur. En effet, il est impossible de ressentir la douleur d’un autre. On peut comparer sa douleur à celle d’autrui mais il est impossible de partager réellement sa douleur.

On pourrait même penser à se casser le bras pour essayer de ressentir la douleur d’une personne au bras brisé ! La conclusion serait toujours la même : je ressentirai ma douleur et non la douleur d’autrui qui s’est aussi brisé le bras. La douleur a une dimension complètement subjective et personnelle. C’est “ce que je ressens” à “un moment présent”.  Le “je” est primordial. Il indique qu’il s’agit d’une expérience unique et complètement subjective. Ce que je ressens personne d’autre ne peut le ressentir. Il est impossible de se tromper lorsque l’on ressent une douleur et, pourtant, il est impossible de la partager factuellement. Pour reprendre l’exemple du bras brisé, si on fait une radio et qu’on voit le bras brisé, nous ne verrions que la cause physique de la douleur et non la douleur en elle même !

Bien qu’il soit possible d’évaluer la douleur d’autrui par des échelles, aucun médecin ne saurait dire “je ressens” la douleur de mon patient. En effet, seul le patient peut dire si sa douleur est “faible” ou “forte”, si elle est “tolérable” ou non. Cette expérience terrible est complètement personnelle et donc, aussi, solitaire. Mais ce n’est pas une fatalité. Si la douleur est phénoménale (c’est à dire, ici, tirée du vécu), c’est aussi l’occasion d’une rencontre. L’empathie et la compassion sont les armes qui nous sont accessible pour rencontrer la personne qui souffre.

La subjectivité de la douleur est l’occasion d’une rencontre entre la personne souffrante et la personne qui essaie de comprendre la douleur ressentie. L’écoute est nécessaire pour laisser le temps à la douleur d’émerger dans le dialogue. Malheureusement, l’écoute demande du temps. Et les soignants manquent cruellement de temps. Ainsi, ils peuvent devenir maltraitant en n’ayant ou en ne prenant plus le temps d’écouter la personne exprimer ce qu’elle ressent. Laissons donc aux soignants le temps de la rencontre avec autrui car c’est bien le seul moyen qui soit pour que la douleur puisse être correctement exprimée et prise en charge.

Un ancien article sur la souffrance : Complexes : la souffrance ?

Tout ça pour dire : “J’ai beau être matinal, j’ai mal…”

 

Pour la référence à “J’ai beau être matinal, j’ai mal…” :

 

 

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